31 octobre 2006
No Fly List : empêcher tout le monde de voler... sauf les terroristes
On ne rigole pas avec la sécurité aérienne. Si vous n'êtes pas un terroriste, vous n'avez probablement rien à faire dans un avion.
Pour protéger l'espace aérien, le gouvernement américain n'est pas allé de main morte dans l'utilisation des nouvelles technologies. Ainsi, chaque passager empruntant une ligne à l'intérieur ou à destination des Etats-Unis se voit passé à travers un filtre impitoyable : la "No Fly List". Liste noire des passagers interdits d'avion (Oussama Ben Laden y figure quand même sous deux orthographes différentes), son utilisation semble poser plus de problèmes aux voyageurs qu'aux terroristes.
Et pour cause, CBS s'est procuré un exemplaire de cette liste et voilà ce qu'ils y ont trouvé, parmi les 44 000 interdits de vols et les 75 000 individus à soumettre à des contrôles supplémentaires (article) :
- Les 14 terroristes du 11 septembre, qu'on suppose être morts avec leurs victimes, il y a plus de 5 ans.
- Zaccarias Moussaoui (en prison à vie dans le Colorado)
- Saddam Hussein (en procès quelque part en Irak)
- François Genoud, sympathisant nazi mort depuis 10 ans
- Robert Johnson, Gary Smith et John Williams (probablement quelques-uns des noms les plus communs outre-Atlantique)
- Nabih Berri (chef du parlement libanais)
- ...et Evo Morales (président de Bolivie)
Au FBI, on ne s'étonne pas vraiment de la fantaisie de cette liste qui doit théoriquement empêcher les terroristes de prendre l'avion. L'explication est même très simple. "Au début, nous ne savions pas quelles étaient les contraintes pour cette liste. On connaissait les terroristes. Mais il y a probablement eu une incompréhension sur la définition d'un terroriste".
Quant aux vrais terroristes, ils ne figurent pas sur la liste noire de l'aviation : le FBI ne veut pas que les aéroports étrangers aient accès à ce type d'informations. La "No Fly List" se contente donc tranquillement d'empêcher les morts, les prisonniers, les gens avec un nom trop commun et le président de Bolivie de prendre l'avion. Mais surtout pas les vrais terroristes. Histoire qu'ils ne sachent pas qu'on sait qu'ils savent qu'on sait qu'ils sont des terroristes. Ce serait dommage.
